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Citta di castello : que voir et que faire dans cette ville italienne méconnue

Citta di castello : que voir et que faire dans cette ville italienne méconnue

Il y a des villes que l’on traverse sans les voir. Città di Castello appartient à cette famille discrète des lieux italiens qui ne cherchent pas à séduire au premier regard. Elle ne possède ni la renommée de Florence, ni les foules d’Assise, ni les façades théâtrales de Rome. Pourtant, derrière ses remparts et ses palais de la Renaissance, elle conserve une beauté patiente, presque secrète.

Installée au nord de l’Ombrie, dans la vallée du Tibre, Città di Castello est une destination idéale pour celles et ceux qui aiment les villes à taille humaine, les musées inattendus et les pauses prolongées en terrasse. Ici, l’histoire se découvre entre deux rues tranquilles, au détour d’une église ou dans le silence d’un ancien palais. On y vient pour l’art, mais aussi pour cette sensation rare de voyager sans avoir à suivre une foule.

Une ville ombrienne entre histoire et douceur

Città di Castello se trouve dans la province de Pérouse, non loin de la frontière avec la Toscane. La ville est traversée par le Tibre, encore jeune à cet endroit, et s’étend dans un paysage de collines verdoyantes, de champs et de forêts. Cette position lui a offert au fil des siècles une importance stratégique, commerciale et culturelle.

Connue dans l’Antiquité sous le nom de Tifernum Tiberinum, elle fut ensuite marquée par la présence des Romains, puis par les luttes entre familles et pouvoirs locaux au Moyen Âge. La famille Vitelli, particulièrement influente à la Renaissance, a profondément transformé son visage. Palais, fortifications et églises témoignent encore de cette époque où Città di Castello cherchait à affirmer son rang parmi les cités d’Italie centrale.

Le centre historique se visite facilement à pied. Il ne faut pas s’attendre à une succession ininterrompue de monuments spectaculaires. Le charme se trouve plutôt dans l’ensemble : une place qui s’ouvre soudainement, une façade ocre éclairée par le soleil de fin d’après-midi, le bruit des couverts derrière une fenêtre entrouverte. C’est une ville qui demande un peu de lenteur. Elle récompense largement celles et ceux qui acceptent de ne pas tout photographier immédiatement.

La Piazza Gabriotti et la cathédrale

Pour commencer la découverte, dirigez-vous vers la Piazza Gabriotti, le cœur monumental de Città di Castello. Cette place rassemble plusieurs édifices importants et offre une belle introduction à l’histoire de la ville.

La cathédrale, consacrée aux saints Florido et Amanzio, présente une architecture qui a évolué au fil du temps. Sa façade, relativement sobre, contraste avec les transformations intérieures. Comme souvent en Italie, les siècles se superposent sans chercher à effacer complètement ce qui les précédait. Une chapelle baroque peut ainsi côtoyer des éléments plus anciens, dans un ensemble parfois irrégulier mais profondément vivant.

À proximité se trouve le musée diocésain, installé dans des bâtiments liés à l’ancien évêché. Il abrite des œuvres religieuses, des peintures et des objets liturgiques qui permettent de comprendre le rôle central de la foi dans l’histoire de la ville. Même si vous n’êtes pas un grand spécialiste de l’art sacré, prenez le temps d’observer les détails : les expressions des visages, les étoffes peintes, les gestes suspendus des personnages.

Le campanile cylindrique mérite également un regard attentif. Sa forme massive et inhabituelle rappelle les liens anciens entre architecture religieuse et fonction défensive. Dans cette partie de l’Italie, les églises n’étaient pas seulement des lieux de prière : elles participaient aussi à la silhouette protectrice de la cité.

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Le Palazzo Vitelli alla Cannoniera

Le Palazzo Vitelli alla Cannoniera est l’un des monuments les plus fascinants de Città di Castello. Construit au XVIe siècle pour la famille Vitelli, il associe élégance Renaissance et allure défensive. Son nom évoque les canons qui auraient été conservés dans cette partie de la ville, rappelant que le raffinement des palais n’excluait pas les rivalités politiques ni les dangers de l’époque.

La façade, ornée de décorations en terre cuite et de motifs géométriques, attire immédiatement le regard. Elle possède une singularité presque intime : on y lit le désir d’afficher la puissance, mais aussi le goût d’une famille pour les formes, les couleurs et les symboles. Le palais abrite aujourd’hui la Pinacothèque communale, l’un des principaux musées de la ville.

La collection rassemble des œuvres de différentes périodes, avec une place importante accordée à la peinture ombrienne et toscane. On peut notamment y admirer des œuvres de Luca Signorelli, de Pomarancio et d’autres artistes liés à l’histoire artistique de la région. Les salles ne donnent pas l’impression d’un musée impersonnel : elles conservent la mémoire du palais, ses proportions et une certaine pénombre qui convient particulièrement aux tableaux anciens.

Prévoyez au moins une heure pour la visite. C’est le genre de musée où l’on entre parfois avec l’idée de faire un passage rapide, avant de rester plus longtemps que prévu devant une peinture dont on ne connaissait pas l’auteur. L’Italie possède ce talent particulier pour transformer une simple visite culturelle en rendez-vous inattendu.

Le Palazzo del Podestà et les traces du Moyen Âge

En parcourant le centre, ne manquez pas le Palazzo del Podestà. Cet ancien palais public rappelle l’organisation politique de la cité médiévale, lorsque les villes italiennes étaient gouvernées par des institutions, des familles et des alliances souvent fragiles.

Son architecture témoigne de plusieurs périodes de construction et de transformation. Les façades de Città di Castello ne sont pas toujours parfaitement homogènes, et c’est précisément ce qui leur donne du caractère. Les pierres anciennes côtoient les enduits plus récents, les ouvertures changent de style, les proportions varient d’une rue à l’autre.

Promenez-vous sans itinéraire trop rigide autour de la Piazza Matteotti et des rues voisines. Le centre se découvre bien à pied, en levant les yeux. Les enseignes discrètes, les balcons fleuris et les passages voûtés racontent parfois davantage la ville que les monuments officiellement signalés.

Alberto Burri, l’enfant terrible de Città di Castello

Città di Castello est aussi intimement liée à Alberto Burri, l’un des grands artistes italiens du XXe siècle. Né dans la ville en 1915, Burri a renouvelé le langage de l’art abstrait en utilisant des matériaux parfois pauvres, brûlés ou déchirés : toiles de jute, bois, plastique, métal, goudron.

Deux lieux permettent de mieux comprendre son univers. Le premier est le Palazzo Albizzini, au cœur de la ville. Cet ancien palais abrite une importante collection de ses œuvres et offre un dialogue étonnant entre les salles historiques et les compositions modernes. Les textures, les cicatrices et les surfaces sombres de Burri semblent parfois faire écho aux murs anciens qui les entourent.

Le second lieu est l’Ex Seccatoi del Tabacco, un ancien séchoir à tabac transformé en espace d’exposition. Le bâtiment industriel, vaste et dépouillé, convient parfaitement à l’œuvre de l’artiste. Les grands formats y prennent une dimension presque architecturale. On ne regarde plus seulement une peinture : on entre dans une matière, une tension, un silence.

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La visite de ces deux espaces demande du temps, surtout si vous souhaitez comprendre l’évolution de Burri. Ses œuvres ne cherchent pas toujours à être aimables. Elles parlent de destruction, de mémoire, de fragilité et de reconstruction. Peut-être est-ce ce qui les rend si puissantes. Dans une ville ancienne comme Città di Castello, son art rappelle que la beauté ne naît pas uniquement de ce qui est intact.

  • Palazzo Albizzini : idéal pour découvrir les différentes périodes de l’œuvre de Burri dans un cadre historique.
  • Ex Seccatoi del Tabacco : recommandé pour ses grands formats et son atmosphère industrielle.
  • Conseil pratique : vérifiez les jours et horaires d’ouverture, qui peuvent varier selon la saison et les expositions.

Une promenade dans les rues et les jardins

Après les musées, laissez l’art derrière vous et accordez-vous une promenade sans objectif précis. C’est souvent à ce moment que la ville révèle son visage le plus attachant.

Les rues du centre historique sont bordées de palais, de petites boutiques et de cafés fréquentés par les habitants. Le matin, les conversations se mêlent au bruit des tasses et aux volets que l’on ouvre. En fin de journée, la lumière devient plus dorée et les façades semblent prendre une profondeur nouvelle.

Les jardins du Palazzo Vitelli à Sant’Egidio constituent une agréable étape lorsque l’accès est ouvert au public. Ils offrent un espace plus calme, propice à une pause entre deux visites. Città di Castello est également entourée de paysages qui invitent à sortir des murs de la ville : collines, chemins ruraux et petites routes serpentant entre les oliviers.

Si vous voyagez en automne, la région prend une tonalité particulière. Les brumes légères s’attardent parfois au-dessus de la vallée et les couleurs des arbres contrastent avec les façades anciennes. Il y a dans ces matins une mélancolie douce, pas triste, plutôt semblable à un souvenir que l’on ne parvient pas tout à fait à dater.

Que goûter à Città di Castello ?

La gastronomie locale est celle d’une terre intérieure, généreuse et sans prétention. Dans les restaurants et les trattorias, cherchez les plats à base de pâtes fraîches, de champignons, de truffe, de gibier et de produits issus des collines environnantes.

Les tagliatelle al tartufo sont un choix évident lorsque la saison s’y prête. La truffe ne demande pas beaucoup d’accompagnement : quelques pâtes, du beurre ou de l’huile, un peu de fromage et son parfum suffit à remplir la table. Les amateurs de cuisine rustique pourront également goûter des plats de viande, des soupes de légumineuses et des préparations à base de porc.

Dans les boulangeries, observez les spécialités salées et les pains régionaux. Pour un déjeuner rapide, rien ne vaut une focaccia garnie de charcuterie locale et de fromage. Ajoutez un verre de vin ombrien, puis installez-vous en terrasse. Le voyage, parfois, tient à peu de choses : une assiette simple, une rue calme et la sensation de ne pas être attendu ailleurs.

Le marché constitue une autre manière de découvrir les produits locaux. Les jours varient selon les secteurs et les périodes de l’année ; renseignez-vous auprès de l’office de tourisme ou des commerçants. Les étals de fruits, légumes, fromages et charcuteries donnent une image très concrète de la région, loin des menus standardisés destinés aux visiteurs pressés.

Que faire autour de Città di Castello ?

La ville peut servir de base pour explorer une partie moins fréquentée de l’Italie centrale. Les environs se prêtent aux excursions en voiture, notamment vers les villages de l’Ombrie septentrionale et de la Toscane orientale.

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Sansepolcro, en Toscane, se trouve à courte distance. Cette ville est liée au peintre Piero della Francesca, dont les œuvres peuvent être admirées au Museo Civico. Le contraste avec Città di Castello est subtil : même douceur des volumes, même importance accordée aux places et aux palais, mais une autre histoire artistique.

Vous pouvez également rejoindre Montone, joli village médiéval perché sur une colline. Ses ruelles fleuries, ses panoramas et son atmosphère paisible en font une excursion agréable. Pour une journée plus culturelle, Pérouse est accessible en voiture, tandis qu’Arezzo offre un autre aperçu du patrimoine toscan.

Les amateurs de randonnée trouveront dans les collines environnantes des chemins ruraux et forestiers. Il est préférable de se munir d’une carte précise et de vérifier l’état des itinéraires, car tous les sentiers ne sont pas balisés comme dans les grandes destinations de randonnée. Au printemps et au début de l’automne, les températures sont particulièrement agréables pour marcher.

Informations pratiques pour organiser la visite

Città di Castello se visite agréablement en une journée, mais une nuit sur place permet de ressentir davantage son atmosphère. En fin d’après-midi, lorsque les visiteurs de passage repartent, la ville retrouve un rythme plus intime.

  • Durée idéale : une journée pour les principaux monuments, deux jours pour inclure les musées de Burri et une excursion dans les environs.
  • Déplacement : le centre historique se parcourt à pied. Une voiture est utile pour explorer la campagne et les villages voisins.
  • Meilleure période : le printemps et l’automne offrent une lumière magnifique et des températures douces. L’été peut être chaud, surtout aux heures centrales.
  • Stationnement : privilégiez les parkings situés à l’extérieur du centre historique, certaines rues étant réservées aux résidents ou soumises à des restrictions de circulation.
  • Horaires des musées : ils peuvent changer selon la saison, les jours fériés et les expositions temporaires. Consultez les sites officiels avant de partir.

Pour une première découverte, commencez par la Piazza Gabriotti, poursuivez vers le Palazzo Vitelli alla Cannoniera, puis consacrez l’après-midi à l’un des espaces dédiés à Alberto Burri. Gardez du temps pour vous asseoir en terrasse ou flâner dans les rues. Città di Castello n’est pas une ville à cocher sur une liste ; elle se savoure par fragments.

Pourquoi visiter Città di Castello ?

Parce qu’elle offre une autre manière de voyager en Italie. Ici, les œuvres majeures ne sont pas toujours entourées de files d’attente, les cafés restent des lieux de vie avant d’être des décors pour visiteurs et les monuments semblent appartenir encore aux habitants.

Città di Castello séduit par ses contrastes : la rigueur des palais Renaissance et la liberté radicale de Burri, la tranquillité des places et la violence silencieuse de certaines œuvres, la cuisine terrienne et la délicatesse des paysages. Elle ne promet pas un spectacle permanent. Elle propose mieux : le temps de regarder.

En repartant, il est possible que vous reteniez une façade, le goût d’une truffe, une salle presque vide ou la lumière sur les collines du Tibre. Ce sont souvent ces détails, modestes en apparence, qui restent le plus longtemps. Comme un parfum accroché à un vêtement après une promenade, Città di Castello continue alors de voyager avec vous.